C'est un instant subtile. Quelques secondes de grâce, qui échappent à tous, sauf à soi-même. Quelque chose qui se vit au bord de la réalité, porté entre un réalisme fascinant et la conviction d'un songe éphémère. C'est une osmose entre ciel et terre, une appartenance, un don de soi. Ce n'est pas la richesse de l'équipement qui y fait, ni même la race ou le niveau de l'exploit. C'est de l'osmose. Un don réciproque, empli de confiance et d'humilité. Ou l'accord de l'un et de l'autre suffit simplement. C'est une histoire de respect, et d'amitié. D'équipe, aussi. Et d'un rêve. Un rêve réalisé et partagé ensemble. Il fallait comprendre, et chercher à se comprendre. Y consacrer du temps, de l'énergie et de l'espoir.
C'était la conviction de n'avoir pas touché le sol. Que ses yeux fixaient les miens, me reconnaissant, m'aimant, pensant. C'était ma main, longeant son encolure et se perdant parmi ses crins pour finir sur son dos, palpant avec douceur et quelque vagues inquiétudes l'animal précieux. C'était des hennissements, des moments de jeux, et d'autres plus calmes ou seuls raisonnaient les claquements réguliers de sa marche sur la dalle. Ce furent ses naseaux, frémissant et chéris, au creux de mon cou tandis que je douchai les épaules solides.
Les chevaux ont certainement bien plus d'humanité en eux que bons nombres d'humains. Ecoutez-les. A défaut de paroles, ils nous murmurent ce qui est à la fois magie, authenticité, et évidence. Les chevaux parlent le langage du c½ur. Un matin humide, une soirée parfumée par l'odeur du fourrage, un vent qui s'engouffre dans les cheveux. Et quand votre ami ne vous murmure plus les beautés de ce monde, le vide et le manque sont immenses.
A loulou. Qui me manque chaque jour et a qui je pense à chaque heure de la journée.